Un café avec… Vincent BELTOISE…

C’est aujourd’hui dans un lieu sympathique, les ateliers Caterham à Alès, que nous rencontrons un pilote qui fait l’unanimité par sa gentillesse et surtout ses qualités techniques sur les circuits français et européens.

On prend un café avec… Vincent BELTOISE

 Pourrais-tu te présenter à nos lecteurs ?
Bonjour, Vincent Beltoise, j’ai 29 ans. Je suis le neveu de Jean-Pierre Beltoise et donc le cousin de Julien et d’Anthony, que l’on peut voir à la télévision dans Auto-Moto et sur les circuits également.


– Comment es-tu arrivé dans le sport automobile ?
Quand on a 5 ans et que l’on voit ses cousins rouler et qu’à 10 ans mes parents organisaient la coupe Caterham, on voit les voitures évoluer et c’est ce qui développe la passion. D’autant plus que j’étais déjà dans la compétition en pratiquant le tennis. A contrario, je n’ai jamais pu faire de karting car je n’avais personne pour me suivre dans cette catégorie. Il était donc plus facile de commencer par l’auto.

– Quels ont été tes débuts en compétition ?
J’ai débuté le sport auto à 16 ans en Caterham. J’ai eu la chance d’accéder en F4 Formule Academy Euro Series en 2008 et 2009, c’était à l’époque encadré par l’Auto Sport Académie du Mans. Cela m’a permis de ma faire mes premières expériences et mon package technique de pilote. Je roule maintenant depuis 10 ans et participe cette année à l’Alpine Elf Europa Cup et au GT4 FFSA sur une Alpine également.

– Parmi toutes les autos avec lesquelles tu as roulé, quelles sont celles qui t’ont donné le plus de sensations ? Ou dans quelle discipline ?
J’ai quand même un amour pour les « Cup », donc les championnats monotypes. Les challenges sont relevés avec une recherche de performance. Pour en citer 3 : la Caterham, la Porsche Cup où j’ai beaucoup roulé et l’Alpine Cup où je prends beaucoup de plaisir.
Maintenant, niveau sensations, j’ai eu la chance de rouler avec des prototypes style LMP2 où les performances sont décuplées par les effets aérodynamiques. Et forcément, j’ai aussi l’expérience de Pikes Peak qui survole encore tout. Cette course de côte tant par le tracé de fou, que par la voiture que je pilotais, la Porsche de rallye préparée par Romain Dumas, c’était un son et un comportement vraiment sympa.

– Qu’est ce qui te plait dans le sport automobile ? Comment le vois-tu évoluer ?
C’est essentiellement les sensations. Quand je monte dedans, il y a la vitesse mais aussi cette recherche de performance. Une fois que tu comprends comment fonctionne la voiture, tu peux construire ton pilotage, tour après tour pour aller chercher ces petits dixièmes du tour parfait. Il y a aussi la diversité des circuits, rouler à Pau en ville, sur des circuits techniques comme Alès ou encore Spa, ça donne un panel extraordinaire.
Sur l’évolution, on voit clairement une professionnalisation du sport qui a peut être toujours eu lieu. Mais il y a encore une décennie ou deux, c’était plus « à la bonne franquette » cela se perd, et les enjeux financiers et sportifs augmentant font que cela se professionnalise.
Et l’autre chose, c’est la détection des jeunes pilotes, l’étau se resserre de plus en plus. Il y a des voies d’excellence où l’on écarte malheureusement trop de monde. Pour se faire remarquer il faut pouvoir de faire remarquer et aligner de grosses sommes d’argent. Il y a tout de même de très bons pilotes qui sortent mais on n’a peut-être pas toutes les mêmes chances au départ.
Cela dit, cela fonctionne car on n’a jamais vu autant d’engouement autour du sport auto, de camions de course qui circulent, d’épreuves organisées partout. C’est un sport qui plait !

– Tu es ingénieur en génie mécaniques, pilote en proto, Alpine, Porsche… En bref, quelle est ton activité principale ?
C’est vrai que j’aurais pu t’en parler dans ma présentation (rires), mais c’était important pour moi de ne pas mettre tous mes œufs dans le même panier.
J’ai débuté la F4 l’année de mon BAC et la condition était de l’avoir pour continuer la saison. Et ça motive dans les 2 sens (rires) ! A 17 ans, je savais pouvoir postuler à l’INSA de Lyon qui offrait un diplôme de qualité avec une section sport de haut-niveau. J’ai dû travailler pour avoir le BAC avec 15 de moyenne pour y entrer.
J’ai gardé cette philosophie par la suite, j’ai passé mon DE JEPS (Diplôme d’état d’enseignement du pilotage) et travaille en prestataire pour des équipes en tant qu’ingénieur mais également pilote. Cette diversité me plait bien. Je travaille aussi dans la société Caterham de mon père où je mets à profit mes aptitudes.
C’est quand même le pilotage qui me prend le plus de temps, entre le Trophée Andros, le double championnat cette année, ça me prend 20 à 25 week ends par an, auxquels on ajoute les essais et les recherches de partenaires.

On te voit partout, en glace, en circuit en côte et j’en passe. Ca fait quoi d’être un touche à tout du Sport Auto?
Ca fait partie de ma philosophie, j’aime bien tout essayer. Mes cousins ayant roulé en glace, m’ont donné envie d’essayer, d’autant plus qu’à l’époque il n’y avait rien l’hiver. Maintenant, ils ont développé des championnats en Asie, mais c’était une bonne occasion d’avoir le cul dans un baquet et d’essayer de nouvelles choses. C’est sûr que quand tu fais une manche de Col St Pierre ou Pikes Peak, c’est encore quelque chose de nouveau et c’est ce qui fait que j’aime ce sport. Tu es sur un nouveau tracé et tu ne conduis pas tout à fait pareil à Spa ou à Pau, et dans la recherche de feeling avec la voiture, c’est une remise en cause à chaque fois.
Quant à la glace, ça m’a pris du temps à comprendre, maintenant j’y prend beaucoup de plaisir.

Quels sont tes projets en cours ?
Cette année, c’était Alpine Elf Europa Cup et le GT4, donc un calendrier 100% Alpine. Je suis content aussi d’avoir recentré un de mes programmes en France car ça faisait des années que je jouais en championnat Européen.
Du coup, je roule avec, enfin plutôt contre, mon cousin Anthony et c’est sympa. Ca marche plutôt pas mal en GT4 car on a fait de bons résultats dont une double victoire au Castelet ! On termine 4e au classement général pour une première avec Benoît Lison et le Team Mirage Racing.

Merci Vincent du temps que tu nous as consacré car nous savons ton planning bien chargé. Au plaisir de te revoir la saison prochaine sur de nouveaux championnats !