Un café avec… Thomas BADEL…

Il écume depuis plus de 15 ans les rallyes régionaux et nationaux. 
Copiloté par son épouse Aurélie, au volant de sa Clio volante, son coup de volant a souvent été comparé à celui de Jean Ragnotti. 
Créée depuis moins de 2 ans, son école de pilotage est déjà très prisée par les meilleurs pilotes tant pour la pédagogie appliquée que pour le caractère franc de son fondateur.

Interview aujourd’hui avec… Thomas BADEL

 Pourrais-tu te présenter à nos lecteurs ?
J’ai 40 ans, je vis à Bourgoin Jallieu (38). Comme tu l’as dit précédemment, je suis dirigeant de l’école de Pilotage TB86 et pilote amateur de rallye depuis 17 ans exactement.

– Comment es-tu arrivé dans le sport automobile ?
J’ai été tout d’abord été un sacré délinquant de la route une fois mon permis en poche. J’écumais des nuits entières avec les copains la banlieue lyonnaise et les campagnes alentours à bord de mon Ax Kway…. Ce sont des souvenirs géniaux bien que je n’en sois pas particulièrement fier car je prenais beaucoup trop de risques …

– Quels ont été tes débuts en compétition ?
C’était au rallye de Matour 2002 avec une 205 rallye de série en pneus de course récupérés dans la grange d’un copain! Pour l’anecdote, j’étais venu par la route avec mon auto de rallye et j’avais dormi à la belle étoile! C’était vraiment une autre époque…

– Pendant ces années en rallye, as-tu été tenté par d’autres disciplines ou t’y es-tu essayé ?
Oui j’ai fait des manches du championnat de France des rallyes motos où, en 3 courses, j’ai commencé à entrer dans les temps des élites. Mais j’ai senti que pour jouer devant et passer un cap je devais accepter d’aller jusqu’à la chute et ses conséquences… J’ai suivi mon instinct et stoppé net l’aventure en vendant tout !
J’aime aussi beaucoup le circuit. Les courses en peloton me plairaient mais mon caractère de pilote un tantinet « bouillant » me laisse penser qu’il y aurait beaucoup de contacts et de carrosserie (rires).


– En 2017, tu as franchi le cap de monter ta propre école de pilotage TB86. Avec un peu de recul, quel est ton ressenti sur ce changement de vie ?
C’est une grande fierté car comme beaucoup le savent mon ancien métier était policier notamment à La BAC nuit du Rhône durant plusieurs années. Franchir le pas, quitter un emploi stable et se lancer comme je l’ai fait comporte beaucoup de questionnements et de doutes. 
En 2017, je bossais la nuit en Police, je passais mon diplôme d’instructeur de pilotage le jour et fondais ma société. 
Cette école, c’est mon bébé, j’ai mis toute mon énergie, mes tripes et mes économies pour proposer toutes les formations qui m’ont cruellement manquées durant ma « carrière » de pilote.

– Cette année, Aurélie et toi vous êtes « exportés » en Guadeloupe pour quelques rallyes, pourquoi cette aventure ?
Nous avons été contactés par le Team JJTC en 2017 qui cherchait un pilote pour mettre au point sa grosse Clio maxi. Le patron José TARLET hésitait entre Julien SAUNIER (pilote renommé en Clio) et moi, mais le fils de son associé a tranché et ils m’ont appelé. La tâche n’était pas simple car l’île est petite et certaines spéciales identiques depuis 30 ans. Avec ma femme, nous avons réussi à signer des temps scratch sur tous les rallyes et gagner le groupe F2000 à chaque déplacement. Notre fierté est aussi d’avoir fait des temps scratch sur des spéciales totalement en terre devant les R5 et S2000 (4 roues motrices).
Monsieur TARLET désire faire rouler son auto en métropole cette saison et en Guadeloupe en fin d’année, donc vous allez me revoir à bord de cette magnifique Clio prochainement !


– Quelle auto ou quelle discipline durant ton parcours t’ont laissées le plus de sensations ?
Le rallye sans hésitation côté discipline et pour l’auto ma Clio williams F2000 qui est d’ailleurs en pleine révision pour revenir en course dès que possible… Je fais beaucoup d’essais avec des R5 dernière génération, des Porsche, M3, S1600 etc… Mais cette auto, qui est pourtant loin d’être parfaite, me fait toujours vibrer. 

– Qu’est ce qui te plait dans le sport automobile ? Comment le vois-tu évoluer ?
C’est un sport qui délivre une adrénaline incroyable, c’est un peu aussi l’école de la vie car il faut faire des sacrifices multiples (financiers, temps, etc..). On doit énormément travailler pour progresser et ne jamais lâcher l’affaire.  J’adore être en osmose avec mon auto et mettre tous mes sens au service de la performance. Un autre gros point fort du sport auto est qu’on peut performer ou débuter avec un certain âge contrairement à pleins d’autre disciplines.
A ma petite échelle, j’essaie de faire évoluer la discipline du rallye en proposant des stages rallyes inédits avec une méthodologie et une approche nouvelle de la prise de notes, du mental et bien sûr du pilotage. 
En ce qui concerne l’évolution plus globale du sport auto, beaucoup parlent de l’électrique mais je pense que nous avons encore du temps devant nous, avant de n’avoir que des autos qui font zzzzzz quand nous les verrons passer!
Le sport auto existera toujours d’une manière ou d’une autre. Plus les réglementations routières seront drastiques et les plus les autos seront assistées, plus les personnes investiront dans le loisir mécanique.


– Quels sont tes projet 2019 ?
Je devais rouler au Charbo et à l’Ain Jura, mes 2 épreuves fétiches, mais mon emploi du temps ne me le permettra pas. Je vais rouler en 2019 c’est sûr, mais je n’ai pas prévu de course avant juin car je n’ai aucun week end de libre ….
Je vais surtout suivre les pilotes avec lesquels j’ai un engagement qui dépasse le stage de pilotage d’une journée et qui m’ont sollicité pour les accompagner dans leur projet.
J’ai la chance d’avoir sous les couleurs TB86 en Championnat de France junior Clément BULLY, Hugo MARGAILLAN, Benjamin CURIOZ et un oeil sur Julien PONTAL. Ensuite le facétieux Sébastien DOMMERDICH en Trophée Michelin avec sa mythique 205, mon poulain Corse Paul André Mariani en Skoda R5, Richard PAGET en Porsche GT3 en coupe de France, Paul CHABLOZ en Porsche GT3, Lionel ISOLA en saxo F2000 et Partice MARC pilote Guadeloupéen (ndlr : ça en fait du monde à suivre !). 
Ils vont tous me donner des cheveux blancs, mais je suis à 100% avec eux et je vis leur course comme si c’était la mienne.

– Y a-t’il un sujet que nous n’avons pas abordé et qu’il te tienne à coeur de développer ?
Oui, j’aimerai parler de Guy mon associé à l’école de Pilotage, sans qui rien ne serait possible. C’est l’homme de l’ombre qui travaille beaucoup pour qu’on arrive à avoir une entreprise qui perdure dans le temps et qui en gère tous les aspects fastidieux. Je récolte toujours les lauriers mais on peut le considérer comme mon copilote sur ce projet et il a une énorme part de responsabilité dans la réussite de notre jeune structure.
Enfin, ma femme Aurélie qui m’a toujours soutenu et cru en moi dans tout ce que j’ai entrepris, sans elle je n’en serai pas là.

Merci Thomas pour cet échange sympathique et le partage de tes photos. Très bonne saison aux pilotes de ton école et à toi.